Mercredi 27 février 2008
(Attention cet article contient des obscénités)

Cela faisait bientôt 3 semaines que j'avais débarqué sur le territoire américain et j'en venais déjà à tirer certaines conclusions. Bien sûr, pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais au moins on y voyait un peu plus clair.
Les galères semblaient appartenir au passé.
Pour le logement, la nourriture, les transports, je m'en sortais relativement bien et je devais bénir mes contacts ainsi que mon roommate pour cela...

Ma vie pouvait se résumer un peu à cette image (En sépia pour faire croire à une bonne vieille photo de grand père)

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  • Le passeport pour se déplacer un peu partout,
  • les clefs pour pouvoir se planquer chez soi parfois,
  • mon moleskine, pour me raconter ma propre vie et dessiner ce qui me passe par la tête,
  • enfin la tune car c'est bien la seule chose qui t'ouvre des portes ces derniers temps...
Côté budget, tout était encore bon d'ailleurs, on était dans les rails. Mes petits calculs sur les frais incompressibles me donnaient l'espoir de pouvoir malgré tout voir un peu du pays et faire quelques sorties dignes de ce nom.


Mais ma chère Lucette, point de vue de mon anglais, les choses n'avaient pas beaucoup bougé.
Certes, j'arrivais avec des bases correctes et une prononciation moche mais compréhensible pour un ricain.
L'ennui c'est qu'en sortant un peu avec les gens de l'université et le fait étant que ceux-ci étaient assez jeunes et fougueux, mon langage s'était vu enrichi d'une palette d'expressions inutiles et ne permettant pas d'entretenir une conversation...
J'avais, par exemple, acquis une certaine maîtrise de l'insulte d'outre atlantique grâce à un match de Hockey assaisonné (notamment l'emploi du "Douchebags", que j'écris en phonétique et dont je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire mais qui ne fait manifestement pas plaisir à entendre, ou encore les non moins célèbres "morons" et "Get the fuck out you son of a bitch')
Je savais aussi interpeller l'autochtone avec des expressions telles que : "What's up fellow!"
Outre cela, je commençais à posséder un vocabulaire sans faille permettant de décrire l'évolution de pales de rotor dans un fluide, ce qui m'interesse pour le travail mais qui ne donne pas lieu à des discussions enflammées autour d'un verre... ou même en sortant les poubelles !
J'imaginais mal des discussions du genre avec le voisin :

- Hey, what's up you moron!
(Et ouai... mais on m'a toujours dit d'appliquer ce que j'apprends, je fais comment autrement pour introduire la discussion)
- What do you think of the momentum theory? Awesome, isn't it?
- Oh yeah, Have a nice day crazy bi****


Non, ce n'était pas possible...
Alors j'avais commencé à faire des efforts sur le choix des expressions à employer, en tâchant de me référer aux discussions que je pouvais avoir avec les collègues plutôt qu'à ce que j'entendais au quotidien dans la rue...
Mais je gardais quand même tout ça sous le coude, ça pouvait servir !
Par Batou - Publié dans : En Floride
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